Dans l'avion, je n'avais pas de motivation pour le faire. Il y avait une curieuse idée émergente : mais qu'est se que je fous là? Ces voyages durent 10 à 12 heure, il y a le temps de glaner deux ou trois vieux dossiers qui traînent ,pour tout remettre en cause. La technique ultime: le vol de nuit. On te met 2 films (James Bond et je sais plus), on te fais manger, tu dors et vlà! Tu te retrouves à 12 000 bornes, plié, bouclé.

Au final, la petite arrivée à 6h30, comme un fleur, comme si j'étais jamais parti. Michaël est dans les parages: embarquement immédiat. Là, ce qu'il faut se dire, ce qu'il faut sentir, c'est l'odeur typique de l'air humide des pays tropicaux. C'est un mélange détonnant, enveloppant... C'est là que l'histoire recommence, la vieille renault usée par les avaries, les potes qu'on croise en route et qui s'entassent sur les valises à l'arrière, les bouchons... Et vas-y que je te parle créole dans un sens et dans l'autre. On arrive enfin à l'université, et on opte pour un café entre vieux collègues.

Bon, comment se loger? On fait le tour de la cité U. Où retirer les clefs? pas de coordonnée, pas de numéro... Mais c'est magique à la Réunion, je devais me trouver avec une chambre pour 5 jours (dépannage). J'obtiens, aprés la 5ème personnes devant gérer l'affaire, un mini appartement avec frigo, au 6 ème étage, vue sur la montagne, jusqu'en Mai... No comment!

Je fais un petit tour dans l'université, avant d'aller voir ma future équipe. Beaucoup de chantiers, beaucoup de nouveaux batiments ( dont une nouvelle bibliothèque scientifique hightech avec des miroirs ronds accrochés au plafonds!!!). Arrivé à l'IREMIA, il me faut une bonne petite heure, pour faire les présentations, et faire le tour du laboratoire. Toujours la banane, pas un brin de fatigue, apparemment personne ne se rend compte que je viens d'atterrir depuis 5 heures. A tel point, que je me retrouve avec un rendez vous à pétaouchnoque en milieu d'aprés-midi... Non Non... Trop la flegme. Au final, après-midi tranquille, en bossant un peu (ne jamais regarder ses mails, quand on est décidé à ne rien faire).

Un bilan, rapide, il fait vraiment bon, je sens déjà que j'ai bronzé, la petite pluie rafraîchissante de la fin de soirée donne toujours satisfaction. Je fais le campagnard, saucisson de volaille, pain, dans l'obscurité de ma chambre (on va éviter les moustiques encore un peu!). Deux douches, il est 19h11, c'est la nuit noire, je vois poindre les lumières des maisons à flan de montagne. Le tout accompagné d'une brise légère, des voitures en bas de la cité internationale, le bruit d'un djembe, les clefs des voisines d'étage...